La Plume de Léo s'interroge

 La Plume de Léo de Novembre a planché sur des questions pas très évidentes, mais elle a eu réponse à toutes ces interrogations avec brio.


Comment tenir la mer dans le creux de la main ?

 Rêver, Rêver enfant

Rêver au crépuscule de la vie .

Non pas une fuite

 Encore moins un  renoncement 

Tout simplement une  nécessité

Une vie entière sublimée

Rêver : n'est-ce pas tenir la mer dans le creux de la main ?

                                                                                                              Marie-Hélène Cordier

Quand naît un secret ?

Garder un secret n'est pas toujours facile surtout s'il est bien lourd à porter. Certains existent depuis longtemps, si longtemps qu'on ne sait plus quand ils sont nés.

Et d'ailleurs, sait-on jamais quand naît un secret ?

Est-ce lorsque, pour la première fois, il est murmuré voire chuchoté à l'oreille d'un ou d'une ami(e) ? Est-ce lorsque, alors que les mots lui brûlent les lèvres, l'ami décide de ne pas divulguer ce qui lui a été dit, quelles qu'en soient les conséquences ?

Ou bien, nait-t-il de sa transmission de générations en générations qui lui donne vie justement ?

Ou bien, pour qu'il naisse, faut-il l'écrire sur du papier ou l'inscrire dans le marbre, comme une sorte d'acte de naissance qui lui permettrait de vivre bien caché, mais vivre de manière autonome sans plus dépendre de quiconque ?

Et si le secret naissait vraiment quand il est enfin divulgué au grand jour....quand il meurt à jamais.

                                    Jacqueline Pequignot


Combien de silences faut-il pour faire un adieu ?

« Fuir pour vivre autre chose… » Que de fois, je l’ai pensé et dit. Mais cela n’était jamais entendu. Donc, je le répétais

« Fuir pour vivre autre chose ».

Partir ! aller vers l’inconnu pour découvrir un autre monde, plus empathique, pacifique, à l’écoute. Ma famille me répondait « Mais pourquoi ? N’es-tu pas heureuse ici ? »

Mais oui ! j’avais le confort, le logement, la nourriture, l’amour de mes frères et sœurs, j’étais dans un cocon douillet ! Que me manquait-il ? Je ne le savais pas.

Je leur criais à nouveau « Fuir pour vivre autre chose ». Tous me regardaient… »mais que veux-tu faire ? Reste avec nous ! »

Puis un jour, je me suis tue, Je n’ai plus rien dit. Mais, je me répétais en moi-même :

« Fuir pour voir autre chose ! »

Plusieurs semaines après mon mutisme, je suis partie avec mon sac à dos voyager vers l’inconnu, prendre des risques…

En route, je reçois un message sur mon téléphone : « Mais où es-tu ? Que fais-tu ? »

J’ai envoyé un SMS disant : « Adieu ! Combien de silences vous a-t-il fallu pour m'entendre ! »

                                             Corinne Viollet

Combien de silences faut-il pour faire un adieu ?

Partir, s’en aller sans bruit sur la pointe des pieds, disparaître petit à petit, et n’être

plus qu’une silhouette floue, imparfaite, qui se délie dans l’espace.

Ne laisser qu’un souvenir dans la mémoire des autres, un parfum, une impression et

bientôt devenir un silence, un silence assourdissant pour ceux qu’on a aimés et qui nous ont aimés. Et maintenant je ne suis qu’un portrait sur la commode, un vide dans le coeur, un soupir de regret, je n’ai pas dit adieu en partant, j’ai laissé le silence s'installer dans la

maison, accroché comme la poussière sur les meubles. Un seul silence pour dire adieu.

                             Sylvia Franchon Janssens


"A quoi pense l'ombre quand le soleil s'en va ?"

Abandonner par celui qui est sa raison d'exister C'est son ami, elle aime absorber sa lumière pour renvoyer du noir.

Abandonner par le spot qui éclaire le rideau où se projettent les ombres chinoises. En silence, elle pleure dans le noir.

Abandonner par le soleil quand elle fait de gros efforts pour capter un coin de ciel bleu entre deux nuages.

Abandonner, tromper par l'infidèle soleil qui  laisse place à la lune qui n'a pas d'ombre.

Abandonner quand le soleil brille tout seul dans le désert sans qu'un arbuste puisse renvoyer son ombre.

Abandonner à la dépendance de cette boule de feu pour protéger les êtres humains, la faune et la flore des méfaits du soleil.

Abandonner quand le soleil s'en va mais toujours avec la conviction que demain , il fera jour et qu'il sera au rendez- vous.

                                  Marie-Claude Rolland


Peut-on marcher sans laisser de trace ?

Marcher sans laisser de trace ? .... Euphémisme ! …VOLER vous voulez dire ?

Voler sans toucher terre

Voler sans jamais atterrir

Voler jusqu’au bout du monde

Voler sans se retourner

Voler sans but

et dans ce cas ne pas laisser de trace !

Si je marche, je piétine, je foule le sol, j’imprime mon pas, à moins que je n'efface après mon passage. Chacun a le choix : se faire oublier et voler ou marcher et laisser son empreinte dans ce monde. 

                                       Véro Vandemoortele


Comment tenir la mer dans le creux de sa main ?

La capturer…

L’emprisonner dans la conque de ses mains…

La dompter, la soumettre… comme un cheval sauvage dorénavant docile…

Seul un petit enfant peut réussir ce prodige, cueillir la vague dans ses petites mains-coquillage….

Seul un petit enfant, porté par son innocence sans limites peut s’emplir de l’immensité de la mer et l’emprisonner dans le coquillage qu’il porte à son oreille pour écouter, encore et encore, le vaste souffle de ses vagues… 


                                   Marie-Claude Dujon






Pourquoi les étoiles brillent dans le ciel ?

Rêver, rêver, rêver… naître… Mourir

Tout le monde rêve, naît et meurt.

Pourtant ces actes sont essentiels dans la galaxie.

C’est un grand secret détenu par des êtres invisibles.

Ils sont limbes dans le cosmos, ils animent l’univers.

Iles surveillent les êtres humains sur terre.

Quand un être va pousser son dernier soupir, ils se glissent au-dessus de sa couche, prennent son essence (son âme, si vous préférez) et l’emportent en une fraction de seconde sur une étoile qui s’éclaire.

Quand un petit prend vie dans le ventre de sa mère, les limbes prennent une âme (ou l’essence d’une étoile) pour l’implanter dans le fœtus. Et l’étoile là-haut s’éteint.

Et dans ce grand désastre qu’est la terre (où il y a plus de guerre que de paix), les êtres invisibles ont beaucoup de travail pour éclairer et éteindre des étoiles.

C’est pour cela que vous voyez le ciel scintiller avec tant d’intensité.

Mais c’est le travail des limbes, depuis la nuit des temps.

Et quand, il leur reste un peu de ce temps, les limbes s’occupent de nous faire rêver.

                                               Sylvie Dabel


Où va la couleur blanche de la neige ?

Résister, résister encore aux rayons du soleil qui mordent un peu plus chaque jour…

L’hiver, je suis reine. Le soleil ne m’atteint pas. J’étends mon manteau immaculé partout où je peux, mais surtout là-haut, sur les montagnes. Je ne fais pas l’unanimité, certains me redoutent, d’autres me chérissent.

Mais, la saison est courte. Lentement, le soleil reprend de la vigueur et me condamne à disparaître.

Je ne peux pas lutter : je fonds et ma belle couleur blanche s’efface peu à peu. Je me transforme en eau ou en vapeur.

Très vite, je retrouve mes amis les nuages. Ils me transportent ailleurs, là où l’hiver s’installe. Quel bonheur de sentir à nouveau le froid, et de pouvoir redevenir blanche, et de grignoter ce vert insolent qui croit pouvoir me défier.

                                      Véronique Mussaute

A quoi pense l'ombre quand le soleil se couche ?

Mourir, non je vais pas mourir, je m'efface seulement.

Demain je vais revenir. Petite, puis grande, puis allongée, Je peux même faire peur aux enfants et puis à nouveau je vais disparaître.

Certains diraient des choses sur moi, Je m'en fiche, Je sais que je ne vais pas mourir et que demain le soleil lui aussi va aussi disparaître

Mais je m'en fiche pas mal de ce qu'il pense ce Monsieur.

Moi demain je serai là et surtout ne dites pas que je vais mourir, je serai toujours là tant que le soleil brillera.

                                         Mireille Rousseau


   





Où vont les mots que l'on ne dit jamais ?

S'échapper, s'échapper, ils s'échappent les mots que l'on ne dit jamais, ils se perdent, tombent dans l'oubli, tombent dans la solitude, finissent par disparaître.

Les mots que l'on ne dit jamais sont à jamais perdus, mais seulement pour les autres.

Il suffit d'y penser intensément pour les conserver dans son âme à tout jamais.

                                          Patricia Sciortino









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